Le GIEC a rendu disponible pour examen l’étape intermédiaire de son rapport méthodologique sur les inventaires des agents climatiques de courte durée (Short-Lived Climate Forcers, SLCF). Gouvernements et spécialistes sont invités à examiner le Second-Order Draft (SOD). La publication du rapport final est prévue pour la seconde moitié de 2027.
De quoi il s’agit
Les agents climatiques de courte durée comprennent des substances telles que le méthane, les suies (black carbon), les gaz fluorés, les précurseurs d’ozone et certains aérosols. Ils demeurent dans l’atmosphère de quelques jours à quelques décennies, mais peuvent contribuer fortement au réchauffement et affecter la qualité de l’air.
Pourquoi un rapport méthodologique est important
Les inventaires nationaux d’émissions sont des outils centraux de planification et de rapportage en matière de politique climatique. Alors que des procédures établies existent pour les gaz à effet de serre de longue durée, les sources et processus associés aux SLCF sont plus hétérogènes et plus difficiles à comptabiliser. Le rapport du GIEC vise à fournir des méthodes standardisées, des approches de calcul et des estimations d’incertitude. Des procédures uniformes augmentent la comparabilité entre pays et soutiennent les plans d’atténuation à court et moyen terme.
Déroulement de l’examen
La phase du Second-Order Draft combine l’évaluation par les gouvernements et par des experts externes. Les commentaires techniques sur les bases scientifiques, la méthodologie et l’applicabilité seront intégrés à la révision. L’objectif est d’assurer la transparence, la qualité et l’acceptation du document final.
Qui peut s’inscrire
Sont concernés les spécialistes issus de la recherche, des administrations, des services nationaux d’inventaire, de la société civile et de l’industrie disposant d’une expertise pertinente. L’inscription se fait via le système d’enregistrement du GIEC. Les points de contact nationaux du GIEC peuvent en outre désigner des relecteurs.
Contenu du projet
Le rapport s’appuie sur les lignes directrices d’inventaire existantes et les étend aux SLCF. Sont prévues des mises à jour des facteurs d’émission, des procédures améliorées pour l’analyse des incertitudes et des approches pour des sources difficiles à quantifier, telles que la combustion de biomasse à ciel ouvert ou certaines pratiques agricoles informelles. Sont également abordées les substances de courte durée et de forte efficacité, comme les particules de suie.
Le projet prend en compte l’intégration de la télédétection, des observations satellitaires et des réseaux de mesures dans les inventaires nationaux. Ces données peuvent combler des lacunes et soutenir les vérifications de plausibilité.
Importance pour les politiques et la pratique
Des inventaires plus précis facilitent la priorisation des mesures d’atténuation efficaces, par exemple pour les émissions de méthane dans le secteur pétrolier et gazier, la gestion des déchets ou la lutte contre les feux à ciel ouvert. Une base de données robuste relie la lutte contre le changement climatique à l’amélioration de la qualité de l’air et à des objectifs de santé, et renforce la crédibilité des contributions à court terme.
Perspectives
Avec ce rapport méthodologique sur les SLCF, le GIEC renforce le lien entre la recherche et l’appui opérationnel aux politiques. L’examen en cours est une étape centrale pour affiner techniquement les lignes directrices avant leur publication en 2027.
