Londres — Au World Climate Investment Summit, le président du GIEC Jim Skea a exhorté les responsables politiques et le secteur financier à aligner de manière fiable les flux de capitaux sur la transition vers une économie à faibles émissions de carbone et résiliente au climat. Dans un contexte de taux d'intérêt plus élevés, de tensions géopolitiques et de risques climatiques physiques manifestes, il a insisté sur la nécessité de signaux politiques clairs, d'un partage ciblé des risques et d'une coopération internationale renforcée.
Une nouvelle réalité pour l'investissement
Skea a décrit une donne modifiée pour les investisseurs : les contraintes macroéconomiques et les incertitudes politiques pèsent davantage sur les décisions de placement, tandis que les sécheresses, vagues de chaleur, inondations et tempêtes affectent directement les rendements et les évaluations. Il est crucial de sécuriser les investissements dans l'atténuation du changement climatique et l'adaptation, sans que des vents contraires économiques n'entravent la transformation.
La stabilité politique comme moteur d'investissement
Skea a souligné l'importance de cadres stables : des objectifs climatiques prévisibles, des trajectoires crédibles de réduction des émissions et des procédures d'autorisation fiables. Des instruments favorisant les technologies propres et une suppression rapide des subventions aux énergies fossiles réduisent les risques de transition et évitent les effets d'impasse dans des infrastructures néfastes pour le climat.
Le capital public comme levier
Les financements publics doivent mobiliser des capitaux privés — par exemple via des programmes de soutien, des garanties de prêt et des participations ciblées, en particulier dans les régions et secteurs plus risqués. Selon Skea, les banques multilatérales de développement et les institutions financières nationales ont une responsabilité particulière pour aider les pays en développement à développer les énergies propres et les mesures de résilience. Un élément central est le « blended finance » évolutif : les fonds publics absorbent d'abord les pertes ou réduisent les risques pour encourager les investisseurs privés. Des modèles contractuels standardisés et des analyses de risques transparentes doivent améliorer l'efficacité et l'attrait de ces montages.
Solutions basées sur la nature et adaptation
Les capitaux doivent financer non seulement les énergies renouvelables, mais aussi la protection de la nature, le reboisement et des pratiques d'utilisation des terres durables. Ces actions réduisent les émissions et renforcent les moyens de subsistance. Skea a souligné que les investissements d'adaptation restent sous-financés — en particulier dans les pays les plus pauvres. Des produits financiers adaptés et des subventions sont nécessaires pour réaliser des projets et protéger les communautés vulnérables.
Risques, rendements et justice sociale
La transition doit être socialement équitable : les travailleurs des secteurs concernés ont besoin de perspectives et de formations, et les régions touchées d'un soutien structurel. Parallèlement, Skea a mis en garde contre les « actifs échoués » dans les infrastructures fossiles, dont la valeur peut chuter rapidement en cas de basculement politique ou technologique. Un ajustement précoce réduit les pertes et permet une réallocation ordonnée des capitaux.
Mesures concrètes pour les investisseurs
– Aligner les portefeuilles sur des scénarios compatibles avec l'Accord de Paris – Renforcer la transparence sur les risques climatiques – Effectuer des tests de résistance face aux risques physiques et de transition – Évaluer systématiquement les investissements selon des critères liés à la nature et au social – Renforcer la coopération en matière de données et de normes entre États, institutions financières et experts
Appel à l'accélération et à la coopération
Skea a averti que l'hésitation augmente les coûts et complique la mise en œuvre d'une transition juste. La clarté politique, la coopération internationale et une interaction intelligente entre capitaux publics et privés sont essentielles pour réorienter durablement les flux de capitaux vers les énergies propres, la nature et l'adaptation.
IPCC
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